jeudi 18 août 2016

Durée de vie des isolants

Choisir son isolant pour ses qualités durables


Il y a plusieurs critères pour choisir un isolant.

Le premier est souvent le prix et le second sa résistance thermique théorique (données fabricant).
Il vient ensuite sa distribution. En effet, la plupart d'entre nous ne seront pas près à faire 10 ou 20 km de plus pour se procurer un isolant même si il est moins cher.
Enfin, les dernier critères seront d'ordre "écologique" ou plutôt sanitaire, respectueux du bâti, de l'environnement et l'énergie grise.

Un critère n'est jamais pris en compte et il dépasse à mon sens tous les autres, c'est la durabilité de l'isolant thermique. On pense souvent, un peu naïvement, qu'une laine de verre, un polyuréthane ou une laine de bois seront éternels ou surtout, on ne se pose pas la question. On ne se la pose pas plus pour les enduits extérieurs, la couverture, les menuiseries,... Mais, c'est éléments sont plus durables et surtout prévus pour être remplacés. Ce n'est pas du tout le cas pour l'isolation !
Une fois que vous aurez isolé vos murs derrière une plaque de plâtre ou Fermacel, c'est définitif. On ne détruira jamais les cloisons ou le plafond pour changer l'isolant.

Isolation recyclée ouate cellulose
Isolation ouate de cellulose projetée

Le durabilité des isolants

Je ne donnerai pas ici de durée en années pour chaque isolants. Beaucoup trop de critères influencent ce type de données. Il est évident que tous les isolants de construction de dégradent avec le temps mais, certain beaucoup plus vite que d'autres. Cette détérioration est liée aux matériaux les constituants, à la fabrication, la mise en œuvre et l' adéquation avec les matériaux environnants.

A mon sens, les isolants les plus fragiles sont les laines. Qu'elles soient en rouleaux ou en vrac, écologiques ou de synthèses, elle sont plus ou mois souples et se tassent. Pour limiter ce tassement dans le temps, il faudra être particulièrement attentif à la mise en œuvre. La pose d'un pare-vapeur ou frein-vapeur est indispensable.
Pour rappel, le pare-vapeur est une membrane plastique étanche à l'air et à l'eau. Le frein-vapeur est étanche à l'air mais, perméable à la vapeur d'eau. Il respire donc contrairement à son cousin.
Les DTU (règles de construction officiel), ne reconnaissent que le pare-vapeur comme membrane d’étanchéité.

Si vous choisissez de poser un isolant laineux synthétique, ils ne respirent pas. Cela peut se justifier si vous souhaitez isoler un garage en parpaing béton. Vous pourrez alors poser un pare-vapeur qui ne respirent pas non plus. Le mur sera totalement étanche, en théorie, si vous poser parfaitement la membrane d’étanchéité. La moindre fuite concentrera l'humidité en un point et dégradera la laine en très peu de temps (1 à 5 ans en fonction des différence de température intérieur/extérieur). La laine se gorgera d'eau, ne pourra pas l'évacuer rapidement puisqu'elle est étanche, et se tassera avec le poids de l'eau. Une fois asséchée, la laine sera un tapis (j’exagère un peu)... Ce type d'isolant demande donc une mise en œuvre parfaite. Ce qui à ma connaissance, n'est jamais le cas. On peut donc considérer que ce sont des isolants à courte durée de vie. De plus ces isolants sont incompatibles avec le bâti ancien qui a besoin de transfert d'humidité pour conserver ces propriétés physiques.

Si vous choisissez de poser un isolant laineux naturel, en principe respirant (laine ne mouton, laine de chanvre, laine de bois,...). Il faudra absolument l'associer à un frein-vapeur et respecter, dans toute l'épaisseur du mur, le passage de l'humidité. On évitera donc de mettre en œuvre du parpaing et un enduit ciment.
Dans ces conditions et si tout est parfaitement bien installé et que votre maison est correctement ventilée (voir ventilation),  vous pouvez envisager une longue vie à votre isolant laineux ou fibreux naturel.

Quels sont les isolants les plus durables ?

Sans aucun doute, il s'agit des isolants minéraux. On peut facilement comprendre qu'un mur en béton cellulaire, en chaux-chanvre ou en brique de terre cuite alvéolaire sera infiniment plus durable qu'une laine de verre ou même une laine de bois. 
Le minéral ne s'altère pas avec le temps. Sa durée de vie est liée à l'enduit extérieur de protection et dans une moindre mesure, à la ventilation intérieure (surtout pour le chaux chanvre). Mais, dans des conditions normales et avec un minimum de précautions, les isolants minéraux sont les plus fiables dans le temps.

Détail béton cellulaire
On ne peut bien sur pas toujours installer d'isolant minéral. Pour les toitures par exemple, les isolants laineux sont très adaptés et performants. Mais, si l'on souhaite conserver les caractéristiques de l’isolant plus de 20 ans, il faudra être très attentifs à la pose ou au poseur et à la qualité de la membrane et des scotchs utilisés. Personnellement, je n'ai jamais vu de laine de verre projeté dans des combles perdus en bon état après une vingtaine d'année mais, cela existe surement...

Un dernier point, pour les combles, il vaudra mieux privilégier des isolants relativement denses qui se tasseront moins et isoleront mieux pendant la période estivale.


L’isolation extérieure est-elle plus durables ?

C'est une évidence. L'ITE n'est pas soumise aux mêmes contraintes que l'isolation par l'intérieur (la norme en France). Une fois de plus, l'isolation par l'extérieur sera d'autant plus durable et efficace quand elle est minérale (chaux-chanvre ou multipor). On privilégiera ensuite la laine de bois d'une densité moyenne et en dernier les isolants synthétiques qui sont très peu durables surtout pour le bâti ancien (ou, pour moi, ils devraient être bannis !).

jeudi 5 mai 2016

Le confort dans l’habitat moderne

     Comment peut-on définir le confort dans une maison ?


Depuis la RT 2012, les maisons contemporaines sont bien isolées et relativement étanches mais, sont-elles confortables ? Comment définir le confort dans une maison ? Qu-est ce que l'on peut attendre d'une maison neuve ? Est-ce que la technologie répond aux besoins actuels de confort ?

Comment définir le confort dans l'habitat ?

Le confort est un état ou le corps humain se sent bien, sans effort particulier propice au bien être et à la santé. Le confort est avant tout relatif et variable pour chacun d'entre nous, en fonction de nos habitudes, notre éducation, notre culture, notre santé, notre âge,... Mais, on peut définir un certain nombre de points incontournables.

1/ Le confort thermique


Il est souvent le seul évoqué tant il parait indispensable.
Il ne suffit pas de garantir une température de l'air au dessus de 19° pour ressentir un bien-être immédiat.
Le confort thermique moderne

Le confort thermique, s'est l'alchimie de plusieurs facteurs qui sont la température de l'air, des parois, l’étanchéité, l'humidité, le rayonnement du soleil, la source de chaleur, la vitesse de déplacement de l'air, l'activité neuro-musculaire, ...
Par exemple, si l'air intérieur est à 20° mais, que les murs sont à peine à 14°, la température ressentie
sera de 17°. Si en plus, la ventilation est insuffisante et que l'air est trop chargé en humidité (au-delà de 60%), le confort sera encore dégradé. Et, il le sera encore d'avantage avec un chauffage à partir de convecteurs électriques qui créent des sources de chaleur ponctuelles ne chauffant que l'air.

On considère que le corps humain nu est dans sa zone de confort autour de 22°C avec un mouvement d'air faible et un taux d'hygrométrie de 45% à 55%. Nos habitudes vestimentaires permettent d'élargir l'amplitude de température de confort. En hiver, bien que nous ayons besoin d'une température ressentie à 19°, nos vêtements et l'habitat déclencheront le besoin en chauffage à partir de 14°C en moyenne. En été, nous aurons besoin de fraîcheur à partir de 27°C ressenti.

Température mesurée et température ressentie

Un des pièges pour mesurer le confort est de se référer uniquement à la température mesurée par un thermomètre. C'est une approche simpliste pour juger le confort d'un habitat.

On considère que au delà de 3°C de différence entre la température de l'air intérieur et celles des parois, il y a inconfort. On pourra facilement en juger, en hiver, face à un poêle à bois et dos à une fenêtre simple vitrage. La température de l'air pourra être à 22°C, nous aurons très chaud au niveau du visage et froid dans le dos. Il suffira, en plus, que la fenêtre simple vitrage laisse passer un peu d'air froid et l'inconfort sera extrême, malgré une température de l'air "agréable".

On veillera donc à harmoniser la température de l'air et des parois. La solution la plus simple et la plus efficace est d'isoler par l'extérieur. Cela permettra de supprimer les ponts thermiques, les fuites d'air et de garder un maximum d'inertie à l'intérieur. On chauffera ainsi les murs qui diffuseront lentement la chaleur. Cette solution est parfaite en rénovation.

Isolation par l'extérieure avec du Multipor


On peut aussi isoler par l'intérieur, Le résultat sera plus ou moins performant en fonction des caractéristiques des matériaux, de leurs"effusivité" et "diffusivité". Pour "simplifier", si l'on souhaite isoler par l'intérieur, le revêtement final intérieur sera important. Sa couleur et sa rugosité apporteront plus ou moins de confort. Une finition a la chaux naturelle, à l'argile, un lambris ou une peinture n'auront pas du tout le même intérêt. Une finition chaux/chanvre est très intéressante pour améliorer le confort, en rénovation comme dans le neuf.

Dans une maison bioclimatique moderne, l'objectif est de procurer un confort thermique toute l'année, en limitant au maximum les dépenses énergétiques. De cette façon, on se rapprochera de la nature qui tend toujours à trouver son équilibre avec un minimum d'effort.

La vitesse de déplacement de l'air

Dans une maison en Auvergne, on cherchera à limiter au maximum les mouvements d'air pour 90% de l'année. En effet, le déplacement de l'air accélère les échanges de calories par convection et évaporation entre votre corps, l'air et les matériaux.
En période froide, l'objectif sera de réchauffer le corps, au maximum par rayonnement, l'échange le plus confortable.
Les mouvements d'air importants seront recherchés uniquement avec une température ressentie au-delà de 27°. Il permettront dans ce cas de rafraîchir le corps, dénudé, sans effort et sans climatiseur. Concrètement, l'été ou pourra créer des courants d'air alors que le reste de l'année ou vivra dans environnement étanche à l'air.

L'hygrométrie

Nous avons tous besoin d'humidité pour respirer car nos muqueuses sont en milieu humide. Mais, dans une maison moderne étanche, le taux d'humidité peut très vite dépasser la zone de confort, se situant à 60% maximum d'humidité dans l'air.

Si la vapeur d'eau est trop importante dans l'air, elle provoquera l'apparition de moisissures, l'augmentation des virus, bactéries,... Les maisons neuves ou rénovées sont particulièrement sujettes aux problèmes d'humidité.

L'eau aura aussi tendance à s'accumuler dans les parois et à supprimer leurs capacités isolantes. 

En effet, la vapeur d'eau condense en se refroidissant, se transforme en eau liquide et prend la place de l'air dans l'isolant. C'est l'air contenu dans votre isolant qui lui donne ses propriétés. Bien souvent, l'isolant n'ayant pas la capacité à évacuer rapidement l'humidité, il va irrémédiablement se dégrader.
Pour l'été, plus l'air sera sec, plus le corps se rafraîchira facilement par transpiration.

On veillera donc à maintenir l'hygrométrie de 40 à 60 %. Pour maintenir ce taux, référez-vous à l'article "ventilation".

Le rayonnement

Toute matière émet ou reçoit de l'énergie par le rayonnement. Pour bien comprendre se rayonnement, le meilleur exemple est notre astre, le soleil. La première source d'énergie dont nous disposons nous réchauffe par rayonnement. Nous n'avons aucun contact direct avec le soleil que se soit pas conduction (transfert direct par la matière) ou par convection (transfert via un fluide comme l'air ou l'eau). La source de chaleur la plus confortable est le rayonnement.
De nombreux matériaux à forte inertie, permettent de stocker la chaleur et de l'a retransmettre par rayonnement. C'est le principe des nouveaux chauffage électrique à inertie. Ce type de radiateur est d'abord chauffé par conduction via une résistance électrique qui chauffe un corps à forte inertie (eau ou pierre). Ensuite, une fois que la masse est chaude, elle diffusera une chaleur douce et agréable par rayonnement.
C'est avec le rayonnement que l'effet de serre est possible. Le verre a la particularité de laisser passer presque tous les rayonnements solaires mais, de bloquer les rayonnement infrarouge. Il permet donc de chauffer une maison avec des ouvertures importantes au Sud. Une fois que le soleil a chauffé l'intérieur de la maison et que les rayons solaires ont été capté par des masses, le rayonnement de ces dernières apporteront un chauffage gratuit et agréable.

Le climat et micro-climat

La RT2012 est un incontestable progrès par rapport aux réglementations antérieurs. Mais, comme toutes les recommandations généralistes, elle comporte de nombreuses failles.

L'une d'elle est la prise en compte des différentes particularités climatiques de notre pays.
Paysage d'Auvergne

Par définition, une maison Bioclimatique est adaptée au climat du terrain sur lequel elle se trouve. Ce climat sera très différent en Bretagne, dans le Centre de la France, en Auvergne ou sur la côte méditerranéenne...

Pour l'Auvergne, la particularité est que les amplitudes thermiques sont importantes. Mais, de très nombreux micro-climat existent selon l'altitude, un lac, une rivière, l'emplacement de la maison dans la vallée. Tous ces points devront être pris en compte lors de la conception si l'on souhaite apporter un confort sur l'ensemble de l'année.

Le confort thermique est complexe et contrairement à ce que l'on pense, la période hivernale est la plus facile à gérer. La résistance thermique (R) n'est qu'un des points a aborder sur tout un ensemble de paramètres (voir article sur la résistance thermique >>>). Une maison rénovée ou neuve doit garantir un confort annuel, avec peu de chauffage et aucun rafraîchissement si elle a été bien pensée.


dimanche 21 février 2016

Quelles sont les alternatives au placo ?

Peut-on se passer du placo ? 


Aujourd'hui, le placo ou placoplatre est devenu la norme pour l'habillage des murs et plafonds, dans le neuf comme dans la rénovation de bâtiment ancien. Il a pour réputation d'être économique et facile à installer. Ce qui est plus surprenant, c'est que pour la plupart des constructeurs, architectes, maîtres d’œuvre ou maîtres d'ouvrage, le placo est irremplaçable et incontournable.

La plaque de plâtre , qu'est-ce que c'est ?


La plaque de plâtre a été inventé pour remplacer les enduits plâtre et chaux, en 1947. C'est un produit industriel qui fait partie de tout un système constructif. En effet, on installe d'abord des rails métalliques, dans lesquels on passe nos réseaux électriques, informatiques, plomberie,... On vissera ensuite la plaque de plâtre, doublée en général par un isolant. On peut aussi coller la plaques directement sur un support. Ces plaques sont à bords amincis ce qui permet de réaliser des jonctions entre plaques avec des bandes de papiers et un ratissage. Il faudra ensuite poncer, pour réaliser un deuxième, voir un troisième ratissage. Une fois l'ensemble parfaitement lisse, on pourra appliquer une couche d’apprêt et deux couches de peinture. Le résultat est normalement parfaitement uniforme.

Avant les plaques de plâtre, seuls les plâtriers pouvaient réaliser des enduits lisses et sur n'importe quels supports (pierre, chaux, brique, lattis...). L'arrivée de plaque de plâtre permet au plus grand nombre de s'émanciper des artisans professionnels aux profits de l'industriel Placoplatre, aujourd'hui Saint-Gobain. Il existe d'autres fabricants (tels Siniat et Knauf) mais, plus confidentiels.
Un nouveau métier remplace le plâtrier, c'est le plaquiste. Mais, beaucoup de particuliers s'improvise, avec plus ou moins de réussite, poseur de plaque.

Les plaque de plâtre sont composées de gypse pris en sandwich dans deux feuilles de cartons. Le gypse est mélangé a un certain nombre d'adjuvants chimiques, dont la composition est inconnue. Il est donc impossible de savoir si ces plaques sont inoffensives pour la santé.

Pose de plaque de plâtre
Pose de plaque de plâtre

Qu'est-ce qui peut remplacer la plaque de plâtre ?


Il existe plusieurs alternatives au plaque de plâtre qui sont à mon sens plus écologiques, plus saines et plus performantes thermiquement, phoniquement et mécaniquement.

LE FERMACEL

C'est une plaque de gypse mélangé à de la cellulose (papier) et de l'eau. Les matériaux sont fortement pressés pour former une plaque extrêmement dense et dur. Le Fermacel ne comporte pas d'additifs, pas de colle. Il a une performance mécanique et une inertie bien supérieur au placo traditionnel. C'est un bon isolant phonique. Il existe aujourd'hui en bords amincis et en demi-plaques pour faciliter sa pose. Il est en effet, très lourd.

LES FINITIONS

Selon la matériaux à recouvrir, on pourra se passer facilement de plaque de plâtre et de peinture.

Par exemple, pour recouvrir un mur en pierre, il sera plus pertinent de réaliser un enduit chaux chanvre avec un finition à la chaux qu'un placo et de la peinture. La difficulté de réaliser ce type d'enduit est souvent sur-évaluer. Il existe aujourd'hui des blocs de chaux chanvre à coller qui s’enduisent avec des chaux pré-formuler. Le résultat peut être plus ou moins lisse selon les goûts et il est relativement facile à mettre en œuvre.
Enduit chaux sur béton cellulaire
Enduit chaux sur béton cellulaire

On pourra enfin enduire nos murs avec de la terre crue, que l'on trouve très facilement dans les commerces spécialisés en matériaux écologiques.

Les enduits naturels sont plus agréables à vivre au quotidien, chaud et respirant. Contrairement aux idées reçues, les enduits naturels ne sont pas plus coûteux que la pose d'un placo, des bandes, des ratissages et des peintures. Le résultat final, pour un particulier, est bien souvent supérieur avec des enduits pré-formulés qu'avec un placo. En effet, ce dernier demande finalement un savoir-faire et un travail conséquent.

vendredi 29 janvier 2016

Le rôle du verre dans la maison Bioclimatique

Le verre, le matériaux clé

Une maison bioclimatique a besoin d'apports solaire pour fonctionner. C'est le verre qui remplit cette fonction.

Quels sont les particularités du verre ?

Le verre laisse passer l'énergie solaire sous forme de lumière mais, il fait obstacle à l'énergie infrarouge thermique. Cette propriété est la clé de voûte toute l'approche bioclimatique.

La lumière qui traverse le vitrage va être absorbée par les matériaux à l'intérieur de la maison. Plus les matériaux seront opaques et denses et mieux ils capteront la chaleur solaire. Cette chaleur va alors se transformer en énergie thermique et réchauffer la matière pour finalement se diffuser par infrarouge dans l'habitat.
Une partie de ces précieuses calories vont rayonner vers les vitres qui la renverront en grande partie à l'intérieur. Tant qu'il y aura du soleil, on pourra chauffer une maison bioclimatique. C'est le principe de l'effet de serre.


Les inconvénients du verre

Le verre n'a malheureusement pas que des qualités.

Il est imperméable à l'eau mais aussi au transfert d'humidité. Il peut créer de la condensation.

Le verre est bien sur transparent et une maison entièrement vitrée, bien que se soit "tendance" dans certain magasine, n'est en vérité pas très agréable à vivre au point de vue de l'intimité. On peut bien sur envisager des occultations en fonction des espaces et des occupations quotidiennes mais, il reste deux problèmes. Les parois en verre sont très coûteuses, les occultations amovibles aussi et le verre est très peu isolant par rapport à une paroi opaque isolée avec des matériaux performants.

On privilégiera donc les parois en verre au Sud essentiellement et sur des surfaces calculés au plus juste en fonction des besoins de la maison. L'erreur a éviter, trop souvent faites dans les années 70/80, et encore aujourd'hui, c'est de trop vitrer une maison bioclimatique, même au Sud. Le fenêtres seront réduites à leur maximum au Nord, à l'Ouest et à l'Est.



samedi 28 novembre 2015

Faut-il fermer ses volets en hiver ?

Faut-il fermer ses volets en hiver ?

Il est inutile de laisser vos volets ouverts si vous êtes absent ou la nuit quand il fait froid. Mais, l’intérêt de les fermer n'est pas le même selon votre maison, votre isolation, l'exposition de vos fenêtres et leurs qualités. 

Les gains thermiques d'hiver liés aux volets fermés

On estime que pour des volets fermés, on réalisera des économies de chauffage :
- 30% d'économies de chauffage avec une fenêtre mal isolé, type simple vitrage
- 15% d'économies de chauffage avec une fenêtre en double vitrage de plus de 15 ans
- 5% d'économies de chauffage avec une fenêtre en double vitrage récente

J'ajouterai que pour une fenêtre en double ou triple vitrage de bonne qualité, le gain réalisé en fermant vos volets l'hiver est négligeable.



Les gains thermiques d'été liés aux volets fermés

Pour l'été, comme toujours, le sujet est beaucoup plus complexe. Fermer ses volets la journée est absurde, surtout quand on vie dans une maison bioclimatique en Auvergne (c'est un peu le sujet de ce Blog). On peut considérer que vivre dans le noir la journée pour éviter les surchauffes, c'est une réponse aussi pertinente que d'installer une chaudière plus puissante quand on est mal isolé...

Le plus important, c'est l'isolation, l’étanchéité et surtout la conception de la maison. Une maison raisonnablement conçue fonctionnera parfaitement toute l'année sans occultation complète. Malgré tout, des baies vitrées orientées plein sud devront être équipées de stores extérieurs et d'avancée de toit.
En période de canicule, on pourra fermer les volets des pièces de nuits ou inoccupées mais, jamais des pièces de vie.

Il est évident que si vous habitez dans une maison traditionnelle, que vous n'avez pas conçu avec un spécialiste de l'approche bioclimatique et que vos fenêtres sont à l'ouest, vous devrez vivre dans le noir une partie de l'été...

La qualité des menuiseries

Elle est essentielle dans la problématique des volets. Comme on l'a vu plus haut. Les matériaux utilisés pour fabriquer les menuiseries sont au centre de cette qualité. Des menuiseries aluminium n'auront aucune efficacité l'été, même si elles sont isolés, la plupart du temps avec de la mousse polyuréthane.

La qualité des volets

Elle n'a que peu d'importance sur la protection d'hiver comme d'été. Ce qu'on cherchera l'été est l'occultation ce qui est facilement atteignable avec n'importe quel volet. L'hiver on souhaite profiter des qualités d'isolation du volet et on se fiera donc à sa résistance thermique. Les volets bois isoleront en fonction de leur épaisseur et du type de bois (les résineux isolent mieux). Les volets pvc et aluminium isoleront en fonction de l'épaisseur de polyuréthane inséré à l'intérieur.







dimanche 25 octobre 2015

Architecture bioclimatique et luminothérapie

L'architecture bioclimatique et la luminothérapie ?

Une maison bioclimatique est, par définition, beaucoup plus lumineuse qu'une maison traditionnelle. Cette lumière est naturelle et nous vient directement du soleil. Elle inonde essentiellement les pièces de vie tel que le salon, salle à manger, cuisine,...

Quels sont les effets sur la santé d'une exposition quotidienne à la lumière naturelle ?

La maison bioclimatique permet d'être largement exposée à la lumière naturelle, les jours ensoleillés bien sur. Cette exposition a de nombreux effets positifs.


L'amélioration du moral 

Le soleil participe activement au bien être. Mais, contrairement aux croyances, ce n'est pas le contact des UV sur la peau qui en est responsable. C'est la lumière naturelle au contact de nos yeux qui permet de produire une hormone, la mélatonine et la sérotonine. Ces hormones ont de multiples fonctions bénéfiques sur notre santé, en particulier anti-oxydante. Elle joue également un rôle positif sur notre système immunitaire. Elle interviennent sur notre rythme biologique (circadien) et la qualité de notre moral. Le psychiatre américain Norman Rosenthal a démontré le lien entre lumière et dépression en 1984.Ces recherches ont permises en 2005, la création de la luminothérapie, technique de soins par la lumière artificielle (aux mêmes longueur d'ondes qu'une partie de la lumière naturelle).
Le déficience de lumière est responsable d'hyperactivité chez l'adulte comme chez l'enfant.

Dans le cadre d'une maison bioclimatique, la sensation de bien être que procure la lumière et souvent subtile mais, durable. Les UV étant filtrés par les vitrages sont sans danger et procurent leurs bienfaits.
Les nombreux retour positifs de nos clients sur ce point ont été aussi inattendus que positifs. La phrase qui revient souvent est "nous sommes bien dans notre maison" ou "nous avons l'impression que notre maison nous recharge en énergie".
Ces remarques nous ont amener à réaliser quelques recherches et réflexions.

Il s'avère que l'effet du rayonnement solaire sur le vivant est au cœur même de son équilibre. Les plantes ne poussent que grâce au soleil. Nous nous nourrissons de leurs énergies et le rayonnement solaire est en partie responsable de notre bien être.

Le chauffage solaire peut traverser une pièce de votre maison bioclimatique sans réchauffer l'air. Mais, dès qu'il sera en contact avec la matière solide ou un corps, il produira de la chaleur. Ce principe permet d'apporter confort et bien être sans aucun mouvement d'air ou de poussières.
A l'inverse la chaleur par convection, qui est produite par une source de chaleur tel qu'un radiateur ou un poêle, crée des mouvements d'air liés au réchauffement rapide de ce dernier. Ces mouvements crée un asséchement de l'air, des tourbillons de poussières et favorise la prolifération de mico-organisme pathogènes.

La vitamine D

Sous l'effet du soleil, notre peau produit également de la vitamine D, essentiel pour l'organisme. Elle permet de fixer le calcium et le phosphore. La vitamine D influence plus de deux cents gènes et permettrait de réparer l'ADN. Elle aurait également des effets bénéfiques sur de nombreuses maladies si elle est en quantité suffisante. Les carences en vitamine D sont très fréquentes.


Comme on l'a vu, une maison bioclimatique peut aussi, simplement avec la lumière qu'elle produit, contribuer à votre santé et votre bien être.



samedi 3 octobre 2015

Rénovation énergétique : revoir son isolation ou son mode de chauffage ?

Rénovation énergétique, quels travaux privilégier ? l'isolation ou le chauffage ?


Les deux bien sur mais, dans quel ordre ? Par expérience, j'ai pu constater que le premier réflexe est de changer sa chaudière (du granulés à la place du fioul ou une Pompe à chaleur à la place d'une ancienne chaudière gaz,...). Ce réflexe est souvent conditionné par les conseils de revendeurs d'énergies ou de système de chauffage. Nous sommes tous régulièrement démarchés par ces "experts en rénovation énergétique". Pour un artisan, il est beaucoup plus facile et rentable de remplacer une chaudière que de faire un diagnostique thermique.
 Les aides de l'état, pour la rénovation énergétique ne font pas de différences entre le remplacement de votre production de chauffage ou l'isolation.

Donc, en toute logique, le travail de lobby depuis des décennies ayant fait son effet, c'est le chauffage qui est le premier poste que l'on revoit en rénovation énergétique (dans la plupart des cas).

Et pourtant, quand on sait que l'on peut perdre jusqu'à 30% de l'énergie produite par les combles, on peut vite comprendre l'intérêt de commencer ses travaux par l'isolation.
Plus on isolera sa maison, mieux on pourra être précis sur ses besoins en chauffage. Le but ultime est bien sur de suffisamment isoler pour se passer de source de chaleur artificielle.

Quels travaux d'isolation privilégier ?

L'isolation de la toiture sera le premier poste à revoir et pour 2 raisons. La première, c'est que l'on pourra rapidement faire des économies d'énergie et la seconde, c'est que se sont souvent des travaux relativement bon marché (sauf dans le cas ou l'on devra isoler le toit par l'extérieur). Le plus économique sera le soufflage d'un isolant en vrac, en comble perdu (ouate de cellulose).

Le deuxième poste à revoir est l'isolation des murs. On peut perdre de 20 à 25% par une paroi mal ou pas isolée. Les murs dans l'ancien sont compliqués à isoler. Souvent, le propriétaire ne souhaite pas perdre de surface intérieure et n'a pas assez de budget pour isoler par l'extérieur. Et dans ce cas, il se tourne vers le changement de sa chaudière... C'est une erreur. On vivra beaucoup mieux dans un espace légèrement réduit mais, isoler.
Pour ceux qui ont le budget, l'isolation par l'extérieur est le plus confortable. Cette technique permet de chauffer les masses. Cette chaleur se stocke dans les murs et rediffuse lentement à l'intérieur.

Le troisième poste à étudier, se sont les menuiseries. On perd jusqu'à 15% quand elle sont en mauvaise état ! On choisira du double ou triple vitrage en fonction de l'orientation des façades et du facteur solaire des verres. Un triple vitrage apporte un réel confort puisque la vitre intérieur sera à la même température que l'air.

Enfin, si vous avez réalisé tous ces travaux, il faudra impérativement revoir la ventilation de votre habitat parce que celui-ci est probablement devenu trop étanche. En rénovation, une vmc simple hygro B fait très bien l'affaire.

Pour finir, on pourra isoler le sol, ce qui vous ferra encore gagner 5 à 10 % de chauffage.

On pourra alors, après avoir passer un hiver dans cette nouvelle maison, juger du nouveau confort et de l'éventuelle nécessité de remplacer la chaudière par un poêle à granules, par exemple.